Les habitudes de santé et la capacité d’adaptation personnelles

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La santé et le bien-être peuvent être définis de bien différentes façons, de la simple absence de maladie symptomatiques à un sens plus abstrait d’épanouissement physique et social. Néanmoins, quel que soit la façon dont nous les définissons, des décennies de recherche suggèrent qu’il existe une multitude de variables qui interagissent et ont une influence sur la condition humaine. Les études proposent de décliner ces nombreux facteurs en « déterminants de la santé ».

L’Agence de santé publique du Canada reconnaît douze déterminants de la santé, et, parmi ceux-là, celui des « habitudes de santé et la capacité d’adaptation personnelles ». Ce déterminant cherche essentiellement à mieux circonscrire le concept amorphe que nous appelons généralement « style de vie » (ou « vie quotidienne »), mais aussi certains facteurs sociaux et environnementaux qui interagissent avec lui.

Un être humain en bonne santé doit être autonome : il doit être capable de faire face aux défis de son quotidien, de résoudre des problèmes, de prendre soin de lui, et de faire des choix bénéfiques pour sa santé. Cependant, ces comportements n’expliquent pas, à eux seuls, l’état de santé : les (dites) compétences de vie, le stress, la culture, les relations sociales, le sentiment d’appartenance et de contrôle sont tous des éléments qui interagissent avec les comportements et les choix des individus. Par exemple, une alimentation riche en sucre raffiné est un choix personnel, mais les circonstances sociales et économiques peuvent avoir guidées l’individu vers ce comportement. La consommation élevée en sucre raffiné en soi est un facteur de risque connu pour l’obésité, les maladies cardiovasculaires et le diabète de type II.

Un autre exemple : le tabagisme a des répercussions négatives sur l’état de santé, dont le cancer du poumon, les maladies coronariennes, les AVC et les maladies respiratoires. Il est la principale cause de décès évitables au Canada. La plupart des gens commencent à fumer à l’adolescence, un moment de leur vie où ils se retrouvent fortement influencés par leurs pairs. On observe que les adolescents qui fument ont des amis proches qui sont aussi des fumeurs. Leurs parents sont souvent aussi des fumeurs. Le risque qu’un jeune adulte commence à fumer est ainsi tout autant influencé par les relations sociales que par les croyances personnelles. La baisse importante de la prévalence du tabagisme au Canada, passant de 49,5 % en 1965 à 17,3% en 2011 doit beaucoup aux campagnes anti-tabac et à l’éducation en santé (Reid, Hammond, Burhkhalter, Rynard, & Ahmed, 2013) qui visaient les différents facteurs qui influencent ce comportement et son acceptabilité sociale, et non pas seulement agir sur le comportement en soi.

2014-03-09 Haywood - figure 1 (FR)

Figure 1 – Prévalence du tabagisme chez les Canadiens de 15 ans et plus, 1965-2010

Un autre facteur important est l’activité physique. Les professionnels de la santé savent que l’activité physique est bénéfique, qu’elle peut réduire le stress, favoriser la santé cardiovasculaire, contrôler le poids corporel, et réduire le risque d’apparition de certains types de cancers. Cependant, moins de 10 % des enfants et des jeunes et seulement 15 % des adultes répondent actuellement aux exigences minimales d’activité physique, soit 60 minutes d’activité physique de modérée à vigoureuse par jour pour les enfants, et 150 minutes par semaine pour les adultes (Garriguet & Colley, 2013). Les chercheurs se questionnent sur le faible niveau d’activité physique des Canadiens et sur les façons d’y remédier. Les programmes et les campagnes de santé publique doivent donc travailler à créer un environnement qui est favorable à l’exercice régulier.

En d’autres termes, une approche globale qui prend en compte les contextes social, environnemental et économique dans lequel le comportement visé s’inscrit est la plus efficace : elle agit sur des éléments qui sont fortement corrélés au comportement visé.

J’aimerai remercier Dr. Raywat Deonandan pour son expertise et Gatien de Broucker pour la traduction de cet article en français.

Références

Carbone, P. P. (2008). Factors associated with youth smoking in Wisconsin.  Madison, WI: Tobacco Surveillance and Evaluation Program, University of  Wisconsin.

Centers for Disease Control and Prevention. (2014). Health effects of cigarette smoking. Retrieved from http://www.cdc.gov/tobacco/data_statistics/fact_sheets/health_effects/effects_cig_smoking/

Centers for Disease Control and Prevention. (2011). Physical activity and health.  Retrieved from http://www.cdc.gov/physicalactivity/everyone/health/

Garriguet, D., & Colley, R. C. (2013). Daily patterns of physical activity among Canadians. Health Reports, 23(2). Retrieved from  http://www5.statcan.gc.ca/ bsolc/olc-cel/olc-cel?catno=82-003-x&lang=eng

Hu, F. B., & Malik, V. S. (2010). Sugar-sweetened beverages and risk of obesity and   type 2 diabetes: epidemiologic evidence. Physiology and Behaviour, 100(1), 47-54. doi:10.1016/j.physbeh.2010.01.036

Public Health Agency of Canada. (2013) What makes Canadians healthy or   unhealthy? Retrieved from http://www.phac-aspc.gc.ca/ph-sp/determinants/determinants-eng.php#personalhealth

Reid, J. L., Hammond, D., Burkhalter, R., Rynard, V. L., & Ahmed R. (2013). Tobacco use in Canada: Patterns and trends. Waterloo, ON: Propel Centre for Population Health Impact, University of Waterloo

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