L’impact du niveau de revenu et de la situation sociale sur la santé et la qualité de vie

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En 1978, les chercheurs Wilkins et Adams ont démontré que les Canadiens plus riches bénéficiaient de douze années supplémentaires de bonne santé, comparés aux Canadiens pauvres. Près de quatre décennies sont passées et le problème perdure. Le lien entre la situation sociale et la santé est appelé une « inégalité sociale de la santé » (Association des facultés de médecine du Canada, 2014). C’est une situation injuste et évitable où les conditions socio-économique d’un individu déterminent ses risques de tomber malade, et les mesures à prendre pour prévenir ou guérir la maladie (OMS, 2008).

L’Organisation Mondiale de la Santé qualifie de « gradient social » de la santé, la ligne exponentielle entre le revenu et la santé. C’est un lien d’association qui montre que les niveaux de revenu des individus sont associés à leurs niveaux de santé et leurs niveaux de mortalité et de morbidité. La différence est exponentielle, proportionnelle à chaque échelon, et pas seulement entre le plus riche et le plus pauvre.

Le second rapport sur la santé des Canadiens démontre que 47% des personnes ayant un revenu faible se considère comme en bonne ou excellente santé, comparées à 73% des personnes ayant des revenus élevés (Agence de la Santé Publique du Canada, 2013). En d’autres mots, plus les Canadiens gravissent l’échelle salariale, moins ils ont une mauvaise santé. Ceux-ci jouissent également d’une espérance de vie plus longue. Cela est simplement dû au fait que les moyens financiers offrent un certain contrôle sur les conditions de vie, notamment l’emplacement du logement et les choix alimentaires (Mikkonen, J. et Raphael, D., 2011).

Par ailleurs, le revenu d’un pays fait référence aux notions suivantes : la richesse totale du pays (encore appelée revenu absolu ou PIB : Produit Intérieur Brut) et la répartition des revenus au sein de la population (encore appelée revenu relatif). Les études de Wilkinson et Pickett en 2010 ont montré que le «revenu absolu» d’un pays en voie de développement est, certes, proportionnel à la santé de sa population, mais c’est le « revenu relatif » qui prédit la santé d’une population dans un pays développé comme le Canada. Ainsi, les habitants des pays où il y a un faible écart économique (faible écart entre le revenu des riches et celui des pauvres), comme le Japon ou la Suède ont une très bonne santé, comparés aux habitants des pays avec un grand écart économique comme les États-Unis ou le Royaume-Uni.

Pour corriger cet écart, Mikkonen, J. et Raphael, D. (2011) proposent plusieurs solutions :

  • Augmenter le salaire minimum et offrir plus d’aide aux personnes incapables de travailler.
  • Mettre en vigueur le système d’impôt progressif.
  • Encourager la syndicalisation, car celle-ci limite l’amas de profits au détriment de la santé et du bien-être des employés.

Il existe cinq stratégies provinciales de réduction de la pauvreté : à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse, au Québec, en Ontario et au Manitoba (ACTS, 2009). Les avantages de ces stratégies sont : les services de logements sécuritaires à des prix abordables, l’aide à l’emploi et au revenu des familles qui sont dans le besoin, l’assurance-médicaments. Les inconvénients sont les coûts qui y sont associés et la non-conformité entre le besoin de la population et le financement disponible (ACTS, 2009).

De tout ce qui précède, il est clair qu’un pays qui répartit ses ressources de manière équitable, a une plus grande population en bonne santé. Mais est-il possible d’avoir un équilibre entre les services sociaux (garde d’enfants, logement, éducation postsecondaire, activités récréatives et ressources pour la retraite), offerts par un État, et la qualité des soins (recherche, nouvelle technologie) qui y sont prodigués ?

Bibliographie

Agence de la Santé Publique du Canada (2013) Pourquoi les Canadiens sont-ils en santé ou pas ? tirée du lien : http://www.phac-aspc.gc.ca/ph-sp/determinants/determinants-fra.php#income

Association Canadienne des Travailleuses et travailleurs Sociaux (2009) Une revue des approches provinciales de lutte à la pauvreté. Tiré du lien : http://www.casw-acts.ca/fr/une-revue-des-approches-provinciales-de-lutte-%C3%A0-la-pauvret%C3%A9-decembre-2009

Association des facultés de médecine du Canada, (2014) Les déterminants de la santé et les iniquités en santé tiré du lien : http://phprimer.afmc.ca/Latheoriereflechiralasante/Chapitre2LesDterminantsDeLaSantEtLesIniquitsEnSant/Lesdterminantsdelasant

Mikkonen, J. et Raphael, D. (2011). Déterminants sociaux de la santé : les réalités canadiennes. Toronto : École de gestion et de politique de la santé de l’Université York p. 12-14

OMS (2008) Principaux concepts relatifs aux déterminants sociaux de la santé, tiré du lien : http://www.who.int/social_determinants/thecommission/finalreport/key_concepts/fr/

Wilkins, R., et O. Adams (1978), Healthfulness of Life, Institute for Research on Public Policy, Montréal.

Wilkinson R.G. et Pickett K., (2010) The Spirit Level: Why Equality Is Better for Everyone, Penguin Books, Canada.

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Cendra Kidjo

Cendra Kidjo holds a Bachelor degree in Health Science with a minor in Business Administration at the University of Ottawa. She won the prize at the Ontario French Contest in 2010. She gained experience in the field of research working with several professors at the University of Ottawa including Dr. Linda Garcia and Dr. Angel Foster. She also undertook an internship in chemistry at the École Normale Supérieure in Lyon under the supervision of Professor Philippe Maurin.

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