Ebola : La fameuse infection

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Le 21 Mars 2014, le monde entier a assisté à une épidémie sortie de l’ombre : Ébola. Ce virus est responsable d’une fièvre hémorragique qui a décimé plusieurs villages et villes d’Afrique de l’ouest (Dixon & Schafer, 2014). Une variété d’animaux sauvages comme la chauve-souris frugivore, le singe et l’antilope des bois forment le réservoir naturel du virus. La transmission du virus se fait par contact direct avec les liquides biologiques (sang, urine, sueur, sperme, lait maternel, etc.) d’une personne infectée. Les personnes les plus à risque sont les agents de santé et, dans le cas courant, les proches d’un défunt contaminé lors des rites funéraires (OMS, 2014). Le diagnostic consiste en la détection de l’ARN ou des anticorps du virus Ébola dans le sang (Dixon & Schafer, 2014).

Le temps entre l’infection et l’apparition des premiers symptômes (période d’incubation) peut aller de deux à vingt et un jours. Les symptômes consistent en une fatigue accompagnée de fièvre, des douleurs musculaires, des céphalées, un mal de gorge, des vomissements, de la diarrhée et parfois des hémorragies internes et externes. Ceux-ci sont similaires à d’autres maladies infectieuses comme le paludisme, la fièvre typhoïde et la méningite. Le traitement repose sur la réhydratation et le contrôle des symptômes. Aucun traitement ne guérit la maladie pour l’instant et il n’existe actuellement aucun vaccin contre la maladie d’Ébola, bien que deux prototypes soient en cours d’analyse (OMS, 2014).

Le premier cas de la maladie du virus Ébola (MVE) est survenu en 1976 à Yambuku (République démocratique du Congo) près de la rivière Ébola (d’où le virus tient son nom) et à Nzara, au Soudan. Les taux de mortalité des éclosions antérieures variaient entre 25 à 90% (OMS, 2014). Le nombre de cas déclaré se limitait aux zones rurales jusqu’à tout récemment où le virus a fait sa première apparition dans les zones urbaines de l’Afrique de l’ouest notamment en Guinée, au Sierra-Léone, au Libéria, au Nigéria et au Sénégal. Cette récente épidémie est la plus dévastatrice avec un taux de mortalité d’environ 50%, causant 3091 morts en quelques mois (CDC, 2014).

L’étude de Polonsky et al. (2014) suggère trois scénarios qui expliqueraient l’augmentation du nombre de cas d’Ébola en se concentrant sur l’Ouganda :

  • l’augmentation est une illusion qui serait due au renforcement de la surveillance
  • l’augmentation est réelle et serait due à un accroissement de la chasse ou des travaux miniers propre à l’Ouganda
  • l’augmentation est réelle et serait provoquée par des facteurs externes à l’Ouganda (ceci prédit une possible éclosion dans d’autres pays comme celle observée en Afrique de l’ouest).

L’éclosion de 2014 est difficile à contrôler pour trois principales raisons (Dixon & Schafer, 2014):

  • elle s’étend sur une plus grande région
  • elle affecte des régions qui sont déficientes en ressources humaines et en infrastructures de santé publique
  • Les communautés à risque ont peur de l’inconnu et résistent aux méthodes de prévention.

Ces raisons ont poussé la directrice générale de l’OMS à déclarer une urgence de santé publique d’envergure internationale. Selon l’Agence de Santé Publique du Canada, aucun cas n’a été déclaré au Canada. La maladie est à déclaration obligatoire depuis l’an 2000. Le Canada contribue à la lutte contre le virus en Afrique de l’ouest en faisant des dons de vaccins expérimentaux (Agence de Santé Publique du Canada, 2014).

L’Organisation Mondiale de la Santé a mis en place des lignes directrices provisoires pour mobiliser les communautés à risque et contrôler la propagation du virus. Le nombre de nouveaux cas est en hausse et la maladie est surveillée de très près grâce à des laboratoires ambulants. Malgré cela, une question reste : faut-il envoyer plus de personnels qualifié dans les zones à risque sachant que la précarité des systèmes de santé les met à risque d’infection ? Une chose est certaine, si rien n’est fait, le virus menace de se propager davantage.

 

Référence:

Agence de la santé publique du Canada (2014). Maladie à virus Ébola. Tiré du lien : http://www.phac-aspc.gc.ca/id-mi/vhf-fvh/ebola-fra.php

Center for Disease Control and Prevention (2014). Flambée de la maladie à virus Ébola en Afrique de l’Ouest en 2014.Tiré du lien : http://www.cdc.gov/vhf/ebola/french/2014-west-africa/index.html

Dixon G. M. & Schafer I. J., (2014). Ebola Viral Disease Outbreak-West Africa, 2014, Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR) 63(25); 548-551. Centers for Disease Control and Prevention. Tiré du lien: http://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm6325a4.htm

Organisation Mondiale de la Santé (2014). Maladie à virus Ébola, aide-mémoire 103. Tiré du lien : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs103/fr/

Polonsky J., Wamala J. F., Clerck, H. d., Herp, M. V., Sprecher, A., Porten, K., et al. (2014). Emerging Filoviral Disease in Uganda: Proposed Explanations and Research Directions, American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, 90(5): 790–793. doi:  10.4269/ajtmh.13-0374

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Cendra Kidjo

Cendra Kidjo holds a Bachelor degree in Health Science with a minor in Business Administration at the University of Ottawa. She won the prize at the Ontario French Contest in 2010. She gained experience in the field of research working with several professors at the University of Ottawa including Dr. Linda Garcia and Dr. Angel Foster. She also undertook an internship in chemistry at the École Normale Supérieure in Lyon under the supervision of Professor Philippe Maurin.

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