Les priorités de la santé globale : Le renforcement des systèmes de santé et la maladie à virus Ebola

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La maladie à virus Ebola a été mise en vedette de façon importante dans les nouvelles pendant les plusieurs derniers mois. L’éruption continue à croître en nombre et dans l’étendue géographique des cas, et plusieurs se demandant comment la propagation s’est rendue hors contrôle en premier lieu. Les pays les plus touchés sont la Libye, la Guinée et la Sierra Leone, avec un total de 8376 cas confirmés, probables, ou soupçonnés rapportés jusqu’au 8 octobre (Organisation mondiale de la santé [OMS], 10 octobre 2014).

L’épidémie courante a commencé au Guinée, un pays en développement dans l’Afrique de l’Ouest. Une infrastructure de santé publique pauvre l’a rendu un lieu idéal pour la propagation d’une éruption. Il y a seulement 0,1 docteurs par 1000 personnes au Guinée, en comparaison à 2,07/1000 personnes au Canada (Central Intelligence Agency, 2014). Approximativement 67 $ par personne est dépensé chaque année sur la santé au Guinée; au Canada, ce nombre est 4676 $ par personne par année (OMS, 2014). Il est clair que la pauvreté est un facteur ici. Le système de santé de la Guinée n’a simplement pas été capable de contenir l’éruption initiale de la maladie du virus Ebola – mais allons voir sous la surface pour trouver une explication plus nuancée.

Un système de santé est une somme totale de toutes les organisations, institutions et ressources qui ont comme but primaire d’améliorer la santé (OMS, 2005). Afin de fonctionner effectivement, les systèmes de santé nécessitent des ressources humaines, financières et physiques, ainsi qu’une infrastructure de la technologie de l’information. Le renforcement des systèmes de santé est une partie très importante de la santé globale et du développement global, pourtant l’investissement dans ce domaine fait défaut historiquement. Plutôt, pour plusieurs années, des programmes spécifiques aux maladies ou des programmes verticaux de santé ont été favorisés, surtout par les associations à but non lucratif. Les programmes spécifiques aux maladies sont souvent menés en parallèle avec le système de santé existant du pays. Ils peuvent éloigner les ressources humaines et financières du système de santé. De plus, les efforts de plusieurs des associations à but non lucratif reliées à la santé ne sont pas coordonnés, ce qui résulte en une duplication de programme et une utilisation inefficiente des ressources financières.

La négligence du renforcement des systèmes de santé en faveur de programmes spécifiques aux maladies a eu des conséquences sérieuses pour la santé publique dans les pays en développement. La maladie du virus Ebola a émergé d’une tempête parfaite. Deux des pays les plus touchés par l’épidémie courante – la Libye et la Sierra Leone – dépensent globalement le plus haut pourcentage de leur produit intérieur brut (PIB) sur la santé, environ 18%. Toutefois, approximativement 80% des services de santé au Libye sont financés par des associations à but non lucratif (Health Systems 20/20, 2014). Autre que les problèmes avec ceci soulignés ci-haut, on sait que les systèmes de santé doivent fournir plus que des soins de santé afin de promouvoir et protéger effectivement la santé des populations.

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Figure 1 : Les 10 services essentiels de santé publique (Centres for Disease Control and Prevention, 2014)

Il manque plusieurs activités clés d’un système de santé fonctionnel, et ceci affecte la réponse à la maladie à virus Ebola. La première étape dans le contrôle d’une éruption est de connaître quand et où les cas émergent. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) s’occupent de la surveillance des maladies aux États-Unis, mais les pays qui se luttent présentement contre la maladie à virus Ebola n’ont pas la capacité pour une détection rapide et approfondie des cas par surveillance. La capacité à diagnostiquer la maladie à virus Ebola de façon exacte est un autre problème. Les laboratoires de santé publique sont exigés afin de confirmer un diagnostic. Finalement, la peur du public affecte une autre fonction clé d’un système de santé – d’informer et d’éduquer le public à propos des problèmes de santé. Les gens ont peur, et plusieurs sont méfiants des conseils du gouvernement. La raison pour laquelle la maladie à virus Ebola ne s’épandra pas au-delà de quelques douzaines de cas dans l’Amérique du nord et l’Europe est que les systèmes de santé des pays qui s’y trouvent sont équipés pour identifier les cas, et possèdent des protocoles pour réduire le risque chez le restant de la population – par exemple, la recherche des contacts, et l’isolation et le traitement du patient.

En août, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré une urgence internationale de santé publique vis-à-vis l’éruption de la maladie à virus Ebola. Les efforts pour arrêter la propagation de l’infection à date ont été infructueux. Plus de ressources sont nécessaires afin de viser les multiples approches requises pour contrôler cette éruption. Les Nations unies ont récemment organisé une mission spécifiquement pour combattre cette éruption. Le Sécrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) Ban-Ki Moon a dit que la mission aura cinq priorités : arrêter l’éruption, traiter les infectés, assurer les services essentiels, préserver la stabilité, et prévenir les éruptions futures (Centre d’actualité de l’ONU, 18 septembre 2014). Afin de prévenir des situations similaires dans le futur, on devrait accentuer le renforcement des systèmes de santé et investir dans ceci pour renforcer la capacité nationale à s’occuper des menaces émergentes à la santé.

Références

Central Intelligence Agency (2014). The World Factbook. Répéré à https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/

Centres for Disease Control and Prevention [CDC] (2014). The public health system and the 10 essential public health services. Répéré à http://www.cdc.gov/nphpsp/essentialservices.html

Health Systems 20/20 (2014). Liberia: Post-conflict health sector reform. Répéré à http://www.healthsystems2020.org/section/where_we_work/liberia

Organisation mondiale de la santé (2005). What is a health system? Répéré à http://www.who.int/features/qa/28/en

Organisation mondiale de la santé (2014). Global Health Expenditure Database. Répéré à http://apps.who.int/nha/database

Organisation mondiale de la santé (10 octobre, 2014). WHO: Ebola response roadmap update. Répéré à http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/136161/1/roadmapupdate10Oct14_eng.pdf?ua=1

Centre d’actualité de l’Organisation des Nations unies (18 septembre, 2014). UN announces mission to combat Ebola, declares outbreak ‘threat to peace and security.’ Répéré à http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=48746#.VDnRMymwLZQ

Ce texte a été traduit par My-An Auprix. 

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Nicole Haywood

Associate editor for the IJHS. Bachelor of Health Sciences, class of 2014, University of Ottawa.

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